Communiqué de presse de la Rencontre Africaine pour la Défense des Droits de l’Homme sur la Crise post-électorale en République du Congo

La Rencontre Africaine pour la Défense des Droits de l’Homme (RADDHO) est vivement préoccupée par la crise post-électorale prévalant actuellement en République du Congo. En effet, la décision du Président Denis Sassou-Nguesso de modifier la Constitution pour briguer un nouveau mandat après 32 ans au pouvoir a plongé la République du Congo dans une profonde crise qui atteint un seuil critique avec la proclamation des résultats des élections présidentielles organisées le 20 mars 2016.

Pour la première fois en Afrique, on assiste à l’interruption des réseaux de communication pendant une élection, suite à une décision du Ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation isolant ainsi la population entière du processus électoral et empêchant par la même occasion les membres de la mission d’observation électorale de l’Union Africaine de surveiller le déroulement du scrutin sur l’étendue du territoire national.

Ce qui a d’ailleurs amené la Présidente de la Commission de l’Union Africaine, Dr Nkosazana Dlamini Zuma, à publier un Communiqué de presse exhortant le gouvernement de la République du Congo à rétablir immédiatement les lignes téléphoniques qui ont été interrompues les 20 et 21 mars 2016. Cette rupture de communication avant et après les élections a suscité une certaine fébrilité autour des résultats du scrutin.

Officiellement réélu pour un mandat de 5 ans avec près de 60% des suffrages dès le premier tour, la victoire du Président sortant a été vivement contestée par une importante frange des partis de l’opposition. Malgré les multiples appels au calme et à la retenue, lancés par la Commission de l’Union Africaine et la Communauté internationale, la situation dans le pays reste encore très tendue après les deux semaines qui ont suivi la proclamation des résultats des élections. Aujourd’hui, on dénombre plusieurs dizaines de morts et blessés à cause des affrontements entre l’armée régulière et les opposants entraînant ainsi de graves violations des droits humains.

Face à telles exactions, la Rencontre Africaine pour la Défense des Droits de l’Homme (RADDHO) :

• Condamne avec fermeté la décision du Président Denis Sassou-Nguesso de modifier la Constitution pour briguer un nouveau mandat après 32 ans au pouvoir ;

• Exige l’arrêt immédiat et sans condition des exactions faites à l’encontre des civils et des opposants ainsi que la libération des personnes arrêtées ;

• Demande au gouvernement de la République du Congo de veiller au strict respect des droits et libertés garantis par la Constitution nationale et les instruments juridiques internationaux et régionaux auxquels l’Etat congolais a souscrit ;

• Lance un appel pressant à l’Union Africaine (UA), à l’Organisation des Nations Unies (ONU) et à toute la Communauté internationale afin qu’elles exercent la pression sur le gouvernement de la République du Congo et les opposants pour le retour à une paix définitive sur l’ensemble du territoire national ;

• Exhorte vivement les Organisations Non-gouvernementales (ONG) et la Société civile africaine et internationale à œuvrer pour la restauration de l’Etat de droit et le respect des droits humains et des libertés fondamentales en République du Congo.

Fait à Dakar, le 13 Avril 2016
Le Secrétariat Général

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