La RADDHO lance une campagne de lutte contre la corruption

La Rencontre africaine pour la défense des droits de l’homme (RADDHO) est une Organisation non gouvernementale créée en 1990 et qui a son siège à Dakar. Elle dispose d’un organe décentralisé dans chaque région du Sénégal et dans quelques Etats d’Afrique et en Europe. Parmi les missions de la Raddho on peut citer la promotion, la défense et la protection des Droits de l’Homme au Sénégal et en Afrique. L’organisation contribue à l’éducation aux droits humains et fournit une assistance juridique aux victimes de violations de droits humains. En outre, elle promeut la consolidation de l’Etat de droit et de la démocratie, la promotion de la culture de la paix et de la bonne gouvernance politique et économique. Ainsi, elle participe à la lutte contre la corruption, la non transparence et la concussion.

C’est d’ailleurs dans ce cadre qu’elle met en œuvre avec l’appui du Fonds de contribution aux initiatives locales (FCIL) de l’Ambassade du Canada un Projet d’appui à la consolidation de la bonne gouvernance et à la lutte contre la corruption. Les activités se dérouleront dans les trois régions suivantes : Dakar, Thiès et Kaolack pendant les mois de décembre, janvier et février. Le projet vise à combattre la corruption dans certains secteurs de base afin de promouvoir le développement et l’accès aux meilleurs services de base des populations les plus défavorisées. La stratégie consistera à former des acteurs de milieux éventuellement exposés afin de favoriser la répercussion des connaissances à la base.

  • Contexte et justification

La théorie de la bonne gouvernance occupe une place centrale dans les politiques publiques de nombreux Etats depuis près de deux décennies. Par ailleurs, les conventions des Nations Unies et de l’Union africaine contre la corruption obligent les Etats signataires à créer au sein de leurs systèmes juridiques des organes spéciaux dédiés à la prévention de la corruption. La gravité du fléau peut être mesurée à l’aune du dispositif mis en place par les conventions inter-états et les lois et règlements pris au plan interne. Mais malgré ce dispositif qui répond aux nouvelles formes de criminalité qui se sont développées d’une manière fulgurante à partir des années 1990, la corruption reste endémique.

Au Sénégal, les pouvoirs publics ont suivi le mouvement pour s’adapter aux standards internationaux afin de faire face, à l’instar de nombreux pays, à ces délits qui menacent l’économie. Malgré tous ces efforts, l’indice de perception de la corruption de Transparency international révèle une faible progression du Sénégal de 44 à 45 points sur 100 si on compare les années 2015 et 2016. D’où l’intérêt de peaufiner une stratégie efficace de lutte contre la corruption.

En effet, la corruption impacte négativement la fourniture de services de qualité aux populations, notamment les services sociaux de base comme l’éducation, la santé et l’accès à l’eau potable. Elle freine la marche de l’économie en la déréglant, causant par ricochet la fuite des investisseurs. Pire, sa pratique favorise une mauvaise qualité des services de base et des coûts exorbitants sans commune mesure avec les services délivrés.

C’est l’importance de la lutte contre la corruption qui justifie le cadre juridique international, sous régional et national. Mieux on note la création d’organes institutionnels disposant de réels pouvoirs pour la réussite des objectifs. La promotion de l’éthique et de la bonne gouvernance ainsi que la lutte contre la corruption sous toutes ses formes sont fondamentales pour le développement économique et social du Sénégal.

Pour une réussite de la politique de bonne gouvernance, l’approche holistique est indispensable. Si parler de corruption est une chose naturelle, comprendre les subtilités de ses contours exigent parfois un niveau d’expertise. C’est aussi le cas dans la détermination de son impact sur les conditions de vie des populations, surtout les plus démunies.

Il faut certes une volonté et des initiatives de la part des autorités mais les véritables transformations sociales sont attendues des populations qui sont en l’occurrence les principales victimes de la corruption. Toutefois, pour contribuer énergiquement à la lutte contre la corruption, les populations doivent pouvoir l’identifier, comprendre son mécanisme et disposer des moyens intellectuels de la combattre. Cette formation est une contribution à la poursuite de ces objectifs et sera l’occasion de déterminer les stratégies à mettre en œuvre pour impliquer et sensibiliser les populations en vue d’un changement de comportement.

Elle vise concrètement à renforcer des relais sur tous ces aspects de la corruption. Originaires de trois régions du Sénégal, les participants seront bien outillés et seront chargés de distiller les connaissances acquises.

  • Objectifs de l’atelier

Cette formation vise à :

  • Renforcer les capacités des partenaires ciblés en vue d’une meilleure compréhension du phénomène de la corruption et des mécanismes mis en place au niveau international, régional, sous régional et national.
  • Explorer le dispositif institutionnel mis en place au Sénégal. Les modules dispensés aborderont également l’impact de la mauvaise gouvernance en général et de la corruption en particulier sur l’effectivité de la réalisation des droits économiques sociaux et culturels des populations à la base avant d’étudier les moyens de prévention et de lutte contre ce fléau.
  • Outiller suffisamment les participants sur les conséquences de la corruption et ses délits voisins et permettre in fine une diffusion large des connaissances dans la population par le biais des organisations communautaires de base.

 

  • Résultats attendus

R1 : Les différents aspects de la corruption sont maîtrisés

R2 : Les méfaits de la corruption sur l’économie sont bien connus

R3 : Les outils et mécanismes de lutte contre la corruption sont mieux vulgarisés

R4 : Les rapports entre la corruption et la délivrance de mauvais services de base sont établis.

Dates, lieu et durée

  • Du 26 au 28 Décembre 2017
  • Hôtel Les Résidences Mamoune
  • Cérémonie officielle le mardi 26 décembre à 9h.

 

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